Articles - Ecole de Lomé
 

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Le courant culturel et esthétique appelé «Ecole de Lomé», existe-t-il vraiment ?
Mai 2008

Article de Christelle Akué

C’est suite à une ébauche de dialogue avec un artiste togolais que je me suis posée cette question.

L'expression «L’Ecole de Lomé» a en effet été pensée par Patrick Gilles Persin, critique d’art (écrivain et journaliste dans la presse spécialisée et profane) dans le but de donner plus de visibilité à l’art togolais sur le marche international de l’art. Il a d’ailleurs édité une revue en 2001 où figuraient les plasticiens togolais suivants : AGBOKOU, ANIAKU, ASSANGNI, ASSOU, AZANKPO, CALICO, COMAR, EDORH, HOPE, EL LOKO, PAPISCO, QUAYE, SALLAH et SEGOH.

    

Ces artistes font partie, il est vrai, pour la plupart, de la nouvelle génération de plasticiens togolais qui pour certains affirment leur identité tout en se jouant des clivages entre tradition et modernité. Ils possèdent une liberté parfois contenue, de tons (couleurs, matières), d’expression (images parfois évocatrices, mots, sujets sensibles) et font des recherches personnelles.

Certains se rejoignent de par les thèmes qu’ils choisissent : politique, social, vie quotidienne, d’autres sont totalement divergents : dans ses créations récentes, Sallah favorisent la symbolique à travers des formes et des couleurs vives mais qui sont parfois nuancées. De plus, ses traits sont affinés et doux.

A contrario, même si les couleurs figurant sur les tableaux d’Agbokou peuvent être vives, ce dernier préfère les portraits, les mises en scènes amusantes. Ses traits sont plus épais et accentués.


Koffi Comar résume bien la question en disant ceci : «En fait, école ou pas, dans le groupe d’une quinzaine d’artistes environ, chacun a sa particularité et est artiste avant tout». Je confirme pour en avoir rencontré quelques uns, que les plasticiens togolais cités plus haut ont un don artistique qui leur est propre et cela de part leur vécu, leur sensibilité ou leur force de caractère. J’ai décelé chez eux cette volonté profonde parfois farouche d’être reconnus du public en tant qu’artiste tout simplement.

A mon humble avis, même si le concept de l’ «Ecole de Lomé» a certes tenté d’éclore la réalité est bien différente.

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